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La gestion du marais de Mousterlin


Les travaux hydrauliques de restauration de la lagune du Marais de Mousterlin ont débuté le 19 novembre. C’est la commune de Fouesnant, au titre d’Opérateur du site Natura 2000 "Marais de Mousterlin", qui mène le projet, en partenariat avec le réseau Natura 2000, le Conservatoire du Littoral, l’Agence de l’eau, le FEDER (Europe).Ce projet consiste à modifier la gestion hydraulique en adoptant une gestion plus écologique. Un processus de ressalinisation de l’eau sera effectué afin d’obtenir un réel état lagunaire et permettre au marais de retrouver une biodiversité. La gestion du marais sera ainsi modifiée, ses caractéristiques naturelles restaurées et il sera davantage soumis aux marées. Le marais est appelé à devenir un site privilégié d’observation des espèces et d’éducation à l’environnement. Les travaux seront achevés fin février 2013.

 

L’histoire du marais

 

Avant 1926, un milieu ouvert à la mer

Accrochés à la pointe de Mousterlin, deux cordons de dunes se sont formés au fil des siècles, isolant partiellement à l’Ouest et à l’Est deux marais littoraux : la Mer Blanche et le marais de Mousterlin. Ces lagunes saumâtres ouvertes à la mer, lieux privilégiés de production du plancton, étaient favorables à la vie des larves de crustacés, aux remontées et au grossissement des jeunes poissons.

 

Entre 1926 et 1946, vers la poldérisation…

Puis, en vue de gagner des terres agricoles sur la mer, un propriétaire privé demande une concession d’endigage. Accordée en 1926, 120 hectares de terres sont soustraits alors à l’influence de la mer, sur le marais de Mousterlin. À l’époque, l’évacuation des eaux douces (drainage des terres) se fait par un système de canaux qui concentrent les eaux vers un exutoire, localisé sur le site le Grand Large.  Dès lors, le marais de Mousterlin a évolué vers un paysage plus terrestre. Les digues ont fait obstacle à l’eau de mer et ont favorisé l’atterrissement. Le marais s’est comblé et l’eau salée du plan d’eau a peu à peu été remplacée par l’eau douce.

 

1960, vers l’abandon des terres…

Pendant de longues années, des essais de cultures sont tentés, sans succès. Progressivement les terres sont abandonnées, évoluant vers la friche, à l’exception de quelques parcelles qui sont utilisées en pâturage jusqu’au début des années 80. En 1982, le Conservatoire des Espaces Littoraux et des Rivages Lacustres acquiert 80 hectares du marais et confie la gestion du site à la Commune de Fouesnant. Actuellement, 120 hectares environ sont la propriété du Conservatoire du littoral.

 

Depuis 2002, réhabiliter le marais et sa biodiversité

En 2002, le marais de Mousterlin est proposé comme site Natura 2000 pour la qualité de ses habitats et notamment pour sa lagune. Un document d’objectif est rédigé et propose de modifier la gestion hydraulique jusque là paysagère, en adoptant une gestion plus écologique. Il s’agira de procéder à la ressalinisation de l’eau afin d’obtenir un réel état lagunaire et permettre au marais de retrouver une biodiversité. C’est ainsi que la commune s’est engagée à modifier sa gestion du marais, à restaurer ses caractéristiques naturelles et à le soumettre davantage aux marées.

 

Nature des travaux

 

Le marais de Mousterlin a été profondément modifié par le passé. L’unique entrée d’eau de mer est aujourd’hui contrôlée par un système de vannage manuel et les deux principaux canaux d’alimentation en eau douce sont contrariés par deux digues (Cleut Rouz et Kerangaerel). Il en résulte des problématiques d’envasement et d’appauvrissement du marais (absence de variation de niveaux, milieu légèrement saumâtre, biodiversité appauvrie …).

 

La réhabilitation du milieu lagunaire doit tenir compte des ouvrages existants mais doit également s’affranchir de problématiques inhérentes au cycle des marées : les inondations. En effet, un marais naturellement assujetti aux marées et aux crues ponctuelles, voit régulièrement ses parcelles connexes inondées. La proximité d’habitations exclut cette possibilité.

 

C’est dans ce cadre, que la commune a mandaté un bureau d’études, afin qu’il propose une nouvelle gestion intégrant les objectifs suivants :

 

Trouver une solution permettant de restaurer les qualités originelles du milieu et de pallier l’envasement progressif du marais.

Protéger la population des inondations, par un contrôle permanent des niveaux d’eau.

 

Ainsi, une proposition a été formulée. Elle consiste essentiellement en une modification notable de la gestion du marais, une intervention sur l’ouvrage à l’exutoire et sur les deux digues citées précédemment.

 

Les vannes présentes à l’exutoire sont actuellement manipulées manuellement par le gestionnaire. Ces interventions sont essentiellement paysagères, elles ont pour objectif de maintenir un niveau d’eau relativement constant tout au cours de l’année. Ainsi, en fonction des précipitations et des coefficients de marée, le responsable du site doit anticiper une ouverture ou fermeture des vannages.

 

Le système de vannage manuel de l’exutoire sera changé et remplacé par un système plus fonctionnel et automatique. Un logiciel calculera à quel moment l’ouverture et la fermeture des vannes permettent une diffusion optimale de l’eau de mer, en s’appuyant sur plusieurs paramètres, tels que, l’heure et le coefficient de marée, la pluviométrie, la hauteur d’eau du marais, la salinité (…).

Les apports en eau de mer seront plus réguliers, seront plus adaptés au milieu et permettront de rétablir une salinité propre à ce type de milieu (habitat lagunaire). De plus, les différences saisonnières seront plus marquées (plus salé l’été du fait de la diminution naturelle des apports en eau douce).

 

Les deux digues existantes permettent à l’eau douce de circuler mais le système de busage est à l’origine de perturbations hydrauliques favorisant le phénomène d’envasement du marais. Le remplacement de ces buses par de larges ponts cadre, permettra de réduire ces perturbations et facilitera le déplacement des espèces (dont l’anguille). Ces installations seront également équipées d’un système de fermeture qui pourra retenir l’eau en amont et permettront de procéder à des chasses hivernales (dans le but de désenvaser le marais).

 

Le projet conduira donc à réhabiliter un habitat d’intérêt communautaire, il permettra aux espèces affiliées de recoloniser le milieu (certaines espèces faune et flore seront ainsi amenées à disparaître) et il contribuera à améliorer la qualité de l’eau du marais.

 

Si des tentatives du passé ont conduit à une modification structurante du milieu, il est possible de conjuguer avec ces modifications et de rétablir une situation proche du naturel. L’assistance par des outils technologiques représente en sois une véritable innovation dans la réhabilitation de milieux naturels.

 

 

 

Un site privilégié pour l’éducation à l’environnement

 

Des sorties nature pédagogiques seront programmées une fois les travaux terminés afin d’expliquer au grand public l’intérêt de ce projet et ses enjeux environnementaux. Cet espace sera un site pédagogogique privilégié de sensibilisation. 

Il est en effet prévu de développer des activités pédagogiques sur la biodiversité du marais de Mousterlin auprès des élèves des écoles, du grand public, ainsi que des visites auprès des estivants dans le cadre des sorties nature destinées aux familles.

Un suivi de la qualité des eaux ainsi que l’observation de l’évolution des espèces protégées seront engagés.

Dans la poursuite de la politique d’accessibilité des espaces naturels développée sur la commune, des chemins accessibles aux différents handicaps seront aménagés.